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 Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]

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Vlad Dracul
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MessageSujet: Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]   Jeu 31 Déc - 12:07

A quoi peut bien s’occuper un vampire dont la vie, éternelle, ne lui offre pas de repos, et dont les piètres distractions humaines ne l’amusent en rien ? Que feriez-vous si on vous offrait l’éternité, avec en prime un seul et unique besoin : s’abreuver de sang humain ? Lorsque la soif ne vous effleurerait pas, à quoi passeriez-vous vos journées ? Vous vous assiérez et regarderez le monde continuer de tourner sans vous ? Ne me faites pas rire. Soit vous deviendriez dingue, soit vous vous distrairiez en tuant tout ce qui bouge (oui, oui, ce dernier point est différent d’être dingue). Les vampires sont à plaindre et non à envier. Certes, leur beauté surnaturelle est à faire pâlir le plus beau des mannequins humains, certes, leur vitesse époustouflante et toutes leurs fantastiques capacités feraient rêver le plus stupide des enfants, certes l’immortalité peut être perçue comme une bénédiction pour certains hommes, et quels hommes, pauvres hommes… Non, non, les vampires sont à plaindre. Leur nuits sont sans rêves et leurs journées se ressemblent.

Vlad renifla dédaigneusement et se passa une main dans les cheveux. Il était assis sur une branche d’arbre, à environ vingt mètres au dessus du sol, et avait pleine vue sur une famille en pique-nique. La mère sortait du panier la nourriture tandis que le père poursuivait les gosses, rose et joufflus comme des porcelets, qui courraient en braillant autour de la nappe étalée dans l’herbe. Triste spectacle pour un vampire. Cette scène symbolisait la vie humaine qui leur avait été dérobée : la joie, le bonheur d’être réchauffé par un soleil miraculeux, le plaisir de pouvoir rire avec ses propres enfants, aimer et l’être en retour. Tant de plaisirs perdus.

Le vampire détourna le regard des humains et leva les yeux vers le ciel d’un bleu éclatant. Il marmonna quelques mots indistincts, l’air passablement dégouté par ces morceaux de chair et de sang qui grouillaient à ces pieds. Voilà plusieurs centaines d’années qu’il ne faisait rien, qu’il survivait au lieu de vivre, qu’il tuait pour seule distraction. « Rien. Exister », dixit Camus dans La Nausée. Deux mots qui résumaient à merveille la semi-vie de l’être immortel qu’était Vlad. Il ne savait plus que faire pour se sentir vivre. Il ne voulait pas mourir, non, c’aurait été pour lui un voyage direct vers l’Enfer, et Dieu sait à quel point il était superstitieux. Pas trouillard, superstitieux. Ne vous avisez jamais de dire qu’il est peureux. Dracula est un être fier, imbu de lui-même et dont les années à ne pas savoir que faire de son immortalité n’ont en rien arrangé son comportement. Enfin bref. Il était las de tuer, il était las de jouer avec ses proies, et même ces petits cochons – enfants – qui gigotaient à ses pieds ne lui faisaient pas envie. Voilà longtemps que sa gorge ne l’avait plus enflammée. Le vampire côtoie les humains depuis des décennies, si bien qu’il s’est habitué à leur présence comme une femme s’habitue à aller au supermarché pour faire ses courses.

Vlad se laissa glisser le long du tronc et atterrit avec souplesse et sans bruit au pied de l’arbre. Il épousseta son costume du revers da la main, l’air distrait. La forêt environnante grésillait dans sa tête, comme s’il y avait eu un GPS intégré. Ses sens étaient décuplés, normal pour un vampire, et il se laissa un instant distraire par un insecte qui rampait à ses pied. Passèrent plusieurs secondes pendant lesquelles il ne quitta pas la bestiole du regard, puis il finit par l’écraser avec douceur du bout du pied en se délectant d’entendre le « shpouik » qui en résulta. Les humains à sa droite continuaient de piailler, et Vlad avait une folle envie de les faire taire à jamais. Bien malgré lui et heureusement pour l’heureuse famille, une flemme sans pareille s’était emparée de son corps et il ne fit rien. Sa nonchalance avait finit par se muter en apathie désobligeante. Dracula n’avait plus gout à rien.

Il se détourna des humains et partit en courant, fendant la forêt à la vitesse de l’éclair (superman the return, wahah). Il courut sans plaisir et finit par s’arrêter aux abords d’une petite ville. Son radar interne clignota et lui indiqua que c’était Forks. Il sonda le ciel, toujours aussi bleu, et soupira. Aujourd’hui était décidément un dimanche radieux. Il serait obligé de rester terré à l’ombre des arbres. Il s’avança de quelques pas, là ou les conifères se faisaient plus espacés, et parvint devant une étendue d’herbe verte. Au loin se trouvait un lycée, silencieux en ce jour de congé, certainement peu mérité par des gamins braillards et impudents. Le regard du vampire s’arrêta sur un arbre un peu plus loin, isolé des autres et plus proche de la ville, fier de ses longues branches bien fournies. Un sourire simple s’attarda sur les lèvres de Vlad et il couru se cacher sous l’ombre du feuillu. Il s’assit dos contre le tronc et laissa vagabonder son regard sur les quelques passants qui se pointaient par instant sur la route en face, à une trentaine de mètres. Lorsque l’un d’eux, soudain prit d’une impulsion, se détourna de la route pour s’engager sur l’herbe, droit vers l’arbre sous lequel le vampire s’était assis, Dracula ne bougea pas et se contenta de le suivre des yeux, un sourire en coin s’étirant sur ses lèvres à mesure que l’inconnu s’approchait…


Dernière édition par Vlad Dracul le Jeu 31 Déc - 12:21, édité 2 fois
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Jade Dracul
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MessageSujet: Re: Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]   Jeu 31 Déc - 12:17

Résister.
Combattre
comme un beau diable, bondir jusqu'à la cime des chênes, rouler dans
les feuilles rousses, griffer les rochers gémissants, taire des
hurlements. Ne pas plier - lutter sans relâche. Lutter contre soi-même.
Je
savais bien que je perdrais et pourtant je n'abandonnais pas.
Avant-hier, tout n'avait été qu'ignorance et obscurité. Le crépuscule
de ma nouvelle vie. Hier avait été pire encore : la nuit totale, sans
lune si étoile. Aujourd'hui, il faisait si beau, et j'étais plus mal
encore. Le soleil tel un bourreau vicieux enflammait ma gorge et
chargeant un air déjà parfumé de sensuelles tentations qui
m'embrasaient la gorge. Je grognai, pleurai presque, me mordis les
poignets - sans succès - des spasmes violents me faisant tressauter sur
mon lit de terre brune. Le ciel, immobile et indifférent, exhibait avec
orgueuil ses atours turquoise. Même les nuages ne m'offraient de répit.
Ils se traînaient, coton étiré, à l'horizon, sans me laisser l'ombre
d'un espoir. Il ferait beau toute la journée, et j'allais souffrir
jusqu'à ce que la nuit tombe. Là, j'aurais toujours mal, mais cette
fois les humains seraient cloîtrés chez eux. Loin de moi. Mais pourquoi
fallait-il qu'ils me narguent ? Ignoraient-ils à ce point à quel point
il m'était difficile de ne pas céder à mes pulsions ?
"Tu en tueras des milliers" m'avait dit Ophelia.
J'ouvris tous grands les yeux, défiant l'immense oeil bleu qui me toisait avec circonspection.


- Je refuse de me laisser aller. JE NE VEUX PAS ETRE UN MONSTRE !

C'était
un monstre qui avait massacré ma famille ! C'était une bête sauvage et
sans coeur qui avait réduit mon petit frère de huit ans en tas de chair
informe, arraché la gorge et les entrailles de ma soeur de dix ans, et
démembré allègrement mes parents ! C'était justement cela que je ne
voulais pas devenir ! Si je ne cherchais pas de moyen de m'éliminer de
suite, c'est que je comptais venger les miens d'abord. Et pour cela, il
fallait d'abord que j'apprenne à me contrôler.
Subitement, une vague
inattendue de parfums entremêlait me fit suffoquer. Je m'agrippai la
gorge à deux mains. Non... Non... NON !

Une seconde plus tard,
je fonçai sans commune mesure, d'une vitesse qui me rendait floue,
entre les arbres muets et les buisson tristes. La bouche entrouverte,
les narines palpitantes, les pupilles dilatantes, je courrai vers une
proie. Cette proie-là. Celle ou celui qui avait eu la mauvaise idée de
s'éloigner de ses semblables.
Je le vis s'approcher - non, c'était
moi qui fusais vers lui - un homme, d'une quarantaine d'années, un peu
dégarni ; il ôta son chapeau de feutre et se tampona le crâne avec un
mouchoir. Il était laid... Mais la nourriture n'a pas de visage. Il
n'était que sang ambulant... Oui, sang... Du sang !
Je lui rentrai
dedans avec une telle fougue que je n'eus même pas besoin de bouger le
petit doigt pour le tuer. Le pousser avec les mains suffit ; il fut
projeté contre un gros pin, il craqua et gémit, et s'écrasa sur le sol.
Je n'attendis même pas que le corps retombe pour me jeter dessus.
J'explosai la cage thoracique d'un coup de poing, plongeai le visage
dans le trou béant, mordit dans son coeur d'une humidité brûlante, et
but à longues gorgées, penchée sur ce cadavre brisé, la boisson des
démons...
Dans quelques instants, l'instinct s'évanouirait, et je réaliserai ce que j'avais fait...

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MessageSujet: Re: Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]   Jeu 31 Déc - 12:18

Le regard de Dracula ne cillait pas tandis que l’homme avançait vers lui. Un homme ridicule en chapeau melon, qui fit monter un sourire aux lèvres du vieux vampire. Ce petit personnage pathétique serait plus distrayant avec une touche de rouge en plus, se dit-il. Vlad pencha la tête de côté, l’air curieux et pas le moins du monde impatient, comme pour mieux observer l’humain qui approchait de sa mort. Lorsqu’en un éclair, celui-ci disparut de son champ de vision, Dracula leva un sourcil et son sourire disparut. Une violente bouffée d’une odeur inconnue l’assaillit et il serra les dents. Ses yeux n’avaient pas bougé de l’endroit ou s’était trouvée sa proie quelques
secondes auparavant. Il savait qu’il était déjà mort, de toute façon.
Vlad fut passablement énervé de ce petit contretemps, bien que cela le
distrayait presque tout autant. Ainsi donc un vampire, jeune sans aucun
doute vu l’impatience avec laquelle il s’était jeté sur sa proie, venait mettre un peu de piment dans la vie monotone de Dracula. Celui-ci retrouva son sourire rien qu’à l’idée de cette rencontre à venir. Bien qu’il n’aime pas des masse ses semblables, lorsque l’un d’entre eu se présentait à lui, qui plus est tout jeune et tout beau, instable et plus vivant que jamais, le vampire ne pouvait s’empêcher de faire un brin de causette. Bon, je ne vous cache pas que parfois, ce genre de petites rencontres finissait mal. Pour le jeune vampire, bien sur. Bien sur.

Vlad tourna la tête vers le buveur de sang et sa proie, à une vingtaine de mètres sur sa gauche, et l’observa se nourrir. Le sang de l’humain venait lui chatouiller les narines avec paresse, mais Dracula ne sentit pas la moindre étincelle de chaleur s’allumer au fond de sa gorge. Il resta assis sans bouger, telle une statue de marbre, et n’importe quel humain qui serait passé par là s’y serait trompé. Le regard de Vlad détailla le nouveau-né – la nouvelle-née, apparemment – des yeux, s’attardant sur sa chevelure flamboyante et ses courbes parfaites. Même la beauté vampirique ne faisait plus rien à Vlad. Il n’était plus homme depuis bien longtemps, depuis si longtemps… Il secoua la tête, chassant les souvenirs d’un passé bien lointain et trop douloureux, encore emprunts des sentiments humains. L’amour. Vlad fronça les sourcils un dixième de seconde, énervé de s’attarder une nouvelle fois sur ces détails censés être
oubliés de sa vie passée. Il retrouva sa stature de marbre.

Le corps de l’humain retomba sur le sol dans un bruit mou lorsque la
nouvelle-né le lâcha. Vlad esquissa un sourire en coin. Son regard vrillait le visage de la vampire, elle ne pouvait que le sentir. Lorsque leurs prunelles rougeoyantes se croisèrent, le sourire de Vlad s’élargit. On aurait presque dit qu’il se moquait.

Il se leva avec calme et lenteur, sans quitter des yeux le buveur de sang qui lui faisait face. Il secoua négativement la tête, presque imperceptiblement, exaspéré. Elle s’exposait en plein soleil, certes dans un endroit peu exposé aux regards humains, mais elle risquait d’attirer l’œil à rayonner ainsi tel un joyau. Vlad leva un doigt devant lui puis, à l’intention de la nouvelle-née, le courba vers son torse à trois reprises afin qu’elle vienne le rejoindre sous le couvert de l’arbre. Il inspira, bien que l’air ne lui fasse rien, et s’adossa au tronc dudit arbre, patient, comme un parent attendant que son enfant daigne enfin bouger ses fesses pour le rejoindre.
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Jade Dracul
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MessageSujet: Re: Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]   Jeu 31 Déc - 12:22

Lentement, régulièrement, telle une mélopée monotone, le sang
gouttait de mon menton. Sa chaude sensation mouillée trempait mon nez,
mes lèvres, mes joues ; le peu de sève humaine que je n'avais pas
avalée avidement s'échappait d'entre mes lèvres, en perles d'un rouge
noirci. Je clignai des yeux, secouai la tête, repoussai la chose molle
et brisée qui me faisait honte. Je me relevai, reculai de deux pas,
levai le visage vers le ciel. Des éclats lumineux attirèrent mon
attention. D'où cela venait-il ? Je cherchai de tous côtés, intriguée,
inquiète, apercevant des petites tâches de soleil tout autour de moi,
sans en trouver la source. Des voix haut perchées me distrayèrent de ce
mystère indissoluble. Je tendis l'oreille.


- Je vous dis qu'il n'est plus là ! Il a disparu !

Une
femme d'âge mûr. Sa peau était recouverte d'une fine pellicule de
sueur, plus due à l'anxiosité qu'à la chaleur. L'odeur âcre de ses
vêtements me piqua les narines, et je toussai en fronçant le nez. La
poussière est un arôme vraiment désagréable.

- Maman, tu le connais. Il a du repérer un bosquet de champignons invisibles, et le cherche toujours, tu ne crois pas ?

Un
garçon, plus jeune. Son ton plein de fatalité et d'indifférence me fit
penser à un adolescent. Il s'étira - ses épaules craquèrent - et il se
remit en marche. Il faisait un vrai vacarme, en piétinant toutes ses
branchettes. Sa mère ne dut pas le croire parce qu'elle piailla et fit
demi-tour. Son odeur saupoudrée d'amertume se rapprochait. Aussitôt, je
fis trois pas en arrière.

Depuis un bon moment déjà, j'avais
l'impression d'être espionnée. Un regard insistant dardait sur moi sa
piqûre aigüe, à l'instar du soleil de cet affreux dimanche. Je cherchai
de part et d'autre jusqu'à ce que je Le trouve.

Mon coeur se serra
alors que mes paupières se plissaient sous la méfiance. Un vampire. Je
reniflai, hésitante. Le vent, presque inexistant, ne me permettait pas
d'humer son parfum. Il m'était inconnu - normal pour une novice telle
que moi. La bonne femme désormais veuve marchait en soufflant fort dans
ma direction. Mais impossible de décrocher mes yeux des Siens. Il était
d'une très grande beauté. Est-ce que tous les vampires étaient
magnifiques ?... Est-ce que je leur arrivais même à la cheville ? D'un
côté, mon instinct, réveillé, me suggérait de goûter le sang vieilli de
l'humaine pressée, de l'autre, je mourrais d'envie de quitter la
clairière malodorante le plus vite possible. Elle puait la mort et la
cervelle fumante. C'est alors qu'Il me fit signe.

Je rentrai le cou,
surprise, puis tendit le nez avec intérêt. Tout mon être demandait à
aller à sa rencontre. J'étais si distraite par cet inconnu à la
magnificence de statue que je ne l'avais pas entendue si près. La veuve
s'était arrêtée en criant que quelque chose l'éblouissait. Paniquée, je
laissai échapper un sifflement et bondis en arrière, muscles tendus. Un
regard suffit pour me rassurer. Un autre pour résoudre le mystère des
éclats de lumière. Même à plusieurs mètres, ma peau, inondée de rayons
solaires, avait revêtu une parure de diamant. Je m'y attardai une
seconde, fascinée, avant de prendre une sage décision. Après avoir
arraché aux poches du mort son permis de conduire, je le glissai dans
ma veste et filai à travers les arbres.

J'étais déjà loin lorsqu'un hurlement de désespoir me creva le coeur de part en part.
Chassant
ces obscures pensées de mon esprit, je me concentrai sur Lui. C'était
la première fois que je croisais un vampire mâle. Il ne faisait aucun
doute que c'en était un. Sa mâchoire masculine, son nez droit, son
front affirmé, son expression moqueuse et presque dédaigneuse. Il avait
tout d'un très, très vieux seigneur qui se serait figé dans le temps, à
force de perdre goût à la vie. Simon avait été transformé à l'âge de
huit ans ; était-ce pour cela qu'il gardait cet enthousiasme enfantin
si doux pour soulager les peines ?

Lorsque j'arrivai à quelques
mètres, je ralentis, empoignai un arbre et l'esclaladai en quelques
instants. Une fois perchée sur une branche, je l'observai avec
méfiance. D'épais cheveux rouges dégoûlinaient de mes épaules. Lui
avait les cheveux clairs. Il me regardait toujours. Enflammée et
spontanée comme tout jeune vampire, je pris son regard pour une
taquinerie, et je claquai des mâchoires. Puis, penchant la tête, je
sentis la curiosité l'emporter sur la méfiance, et, étouffant un
grondement, je pris mon élan, bondis de mon arbre et atterris devant
lui. Accroupie, tendue, et statufiée pourtant, j'attendis, les yeux
rougeoyants. Qu'il attaque ou qu'il ne se meuve. Il ne bougea pas.


- Vous arrive-t-il de sourire, ou craignez-vous de tomber en poussière ? murmurai-je, un sourire de biais étirant mes lèvres.

Puis,
mon caractère humain reprenant le dessus, mon visage se détendit, mes
yeux s'agrandirent, et une petite voix me noya d'injures, pour m'être
montrée si effrontée avec un parfait inconnu. Je la fis taire et
attendis de nouveau.

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Vlad Dracul
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MessageSujet: Re: Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]   Jeu 31 Déc - 12:39

La nouvelle née mit son temps à venir. Vlad
ne la quittait pas des yeux, ne cillant pas une seule fois, même
lorsque la famille – sans aucun doute, vu l’anxiété qui suintait d’eux
– du récent défunt arriva dans le périmètre. Dracula s’octroyait, en
attendant, le plaisir de la détailler en profondeur. Elle avait de
longs cheveux d’un magnifique roux, dont le flamboiement était accru
par les éclats de lumières qui s’échappaient de sa peau de nacre. Un
phare en pleine mer. Ses traits étaient fins et harmonieux, placés avec
le talent d’un grand peintre sur un visage angélique. Ses cheveux rouge
sang flamboyaient comme un Diable, néanmoins, et les pupilles écarlates
juraient avec cette apparente vénusté. Un ange sur la tête duquel on
aurait pu retrouver deux petites cornes rouges. Cette apparence plut au
vampire. C’était déjà un bon point. Enfin, elle lui avait tout de même
dérobé sa proie, et on ne fait pas ça à Dracula, même en servant
l’excuse du nouveau-né assoiffé et paniqué. C’est malpoli.


Sa
réaction, lorsqu’elle croisa le regard du vampire, fut la bonne.
L’intérêt apparent qu’elle lui portait était tout bien placé, même s’il
était clair qu’elle était méfiante. Une telle attention – certes minime
– flattait l’égo surdimensionné du vieux vampire, c’était déjà ça. Vlad
sourit en son for intérieur. Intéressant. Une idée folle – toujours des
idées folles, mais au bout de plusieurs centaines d’années d’existence,
cela se comprenait, la recherche désespérée d’une distraction qui se
démarquerait des autres – germa dans son esprit, s’insinua en lui comme
une plante grimpante. Un nouveau-né était un sujet particulièrement
intéressant pour toute personne désirant un serviteur. Ces êtres
éternels fraichement créés ne demandaient souvent qu’une chose – bon,
deux si l’on incluait l’irrépressible besoin de s’abreuver de sang - :
comprendre les ficelles du métier, si je puis me permettre
l’expression. Ainsi donc cette jeune vampire souhaiterait certainement
un peu d’aide, une aide que Vlad donnerait avec plaisir, vicieusement,
pervertissant son esprit jeune et égaré, afin de la placer sous son
joug. D’autant plus que c’était une femelle, et Dieu sait que Dracula
les aime. Pauvre mal dominant, va.


La jeune vampire s’enquit
finalement à bouger, et Vlad fut surpris de son geste : prendre un
permis de conduire dans la poche du mort. Il haussa un sourcil et
laissa échapper un petit rire pour lui-même. Que pouvait-elle bien
avoir en tête ? Pensait-elle que posséder le permis de conduire d’un
autre lui servirait au volant ? Tss, tss, tss, les vampires ne
respectaient pas les lois, c’était bien connu. Alors pourquoi
s’embêtait-elle ? Néanmoins, cela plut une nouvelle fois à Vlad. Pour
lui, le respect de la législation – même humaine, même la plus stupide
– était d’une grande importance. Il s’était toujours évertué à les
respecter et à les faire respecter. Il s’autorisait simplement à tuer
les hommes – mais, disait-il, ce n’était pas comme s’il assassinait
quelqu’un, non, c’était pour se nourrir, c’était son droit, tout le
monde à le droit de se nourrir. Enfin, le fait que cette femelle
pouvait se dire qu’un permis de conduire, même volé, lui permettrait de
respecter la loi, cela plaisait à Dracula (il a l’esprit tordu, tout de
même, le pauvre gars). D’autant que ce geste était totalement idiot.
Mais qu’importait, cela plut à Vlad. Il faudrait toutefois qu’il
demande une explication, cela l’intriguait, il aurait aimé savoir ce
qu’elle allait faire de ce document.


Vlad, toujours de marbre
et le visage totalement inexpressif – quoique le regard pétillant -,
regarda patiemment le manège de la nouvelle-née. D’un naturel vif, la
patience avait ses limites, et le vampire pourrait s’agacer si elle ne
se bougeait pas un peu plus rapidement les fesses. Tout de même,
avait-il l’air de vouloir l’attaquer – pour l’instant – ? Il en
doutait. Il ouvrit tout de même sa main, l’air tout à fait engageant.
Qu’elle se magne, qu’elle se magne. C’était bien beau de jouer à la
grimpette dans les arbres, mais il ne faut pas s'amuser avec les nerfs
d’un vieux vampire qui a apprit à ne pas attendre et à avoir tout, tout
de suite, c'est à dire le beurre, l’argent du beurre et la crémière –
quand même, il faut un minimum. Dracula commençait à grincer des dents
lorsqu’elle finit – enfin ! – par sauter de sa branche pour atterrir
avec volupté aux cotés du vampire, accroupie. Bien que ce soit une
posture défensive, Vlad fut content qu’elle soit déjà à ses pieds. Très
bon début. Cela promettait. Il se retint d’afficher une moue satisfaite
et ne fit aucun mouvement. Posture ouverte, silencieuse et immobile.
Que demande le peuple ?


- Vous arrive-t-il de sourire, ou craignez-vous de tomber en poussière ?

La
voix de la jeune vampire était aussi chantante qu’un oiseau un premier
jour de printemps. Quoi de plus normal pour un vampire, remarquez. Elle
contrastait toutefois avec son apparence, et Vlad n’aurait pas imaginé
qu’une telle voix puisse sortir de la gorge d’une telle créature aux
reflets à la fois angéliques et sucrés comme le Diable. Néanmoins, sa
parole, mutine, tirait plus sur le coté luciférien que séraphique, ce
qui eut tôt fait de faire éclater de rire le vampire. Voilà une femme
comme il les aimait. Il faudrait toutefois qu’il l’éduque, pas question
de se doter d’un serviteur désobligeant.


Il pencha la tête
vers l'arrière lorsque son rire se déploya dans sa gorge, faisant
glisser ses mèches blondes - un vrai mannequin. Il ne quitta pas la
jeune vampire du regard. Il faut toujours se méfier des nouveaux-nés,
dont la force à leurs début dépasse souvent celle des vieux vampires,
ce pourquoi il la garda à l’œil. Il n’y avait toutefois aucune crainte
dans l’esprit de Vlad, présomptueux et fier comme il était ; l’idée
qu’il aurait pu se faire battre par une jeune, qui plus est une
femelle, ne l’aurait jamais effleuré.


Son rire s’estompa
doucement et il croisa les bras, la tête haute, regardant la nouvelle
venue toujours sans ciller. Un sourire en coin, amusé, resta fossilisé
au coin de ses lèvres, vestige de son éclat. Plus loin résonnaient les
cris de lamentations que poussait la femme du défunt, accompagné de
ceux du fils, ayant trouvé la dépouille. La police ne tarderait sans
doute pas à arriver. Il faudrait alors bouger d'ici ou s'amuser avec
les futurs arrivants. >Ce qu'il aurait sans doute fait si une jolie
nouvelle née n'était pas à ses pieds. Le sourire de Vlad s’élargit. Il
parla alors.


- Bien le bonjour à vous aussi…

Il
accompagna sa moquerie d’un clin d’oeil taquin, puis repris en pointant
de l’index l’endroit où se trouvaient le mort, la femme et le fils :


- Mmh,
j’espère qu’il était à votre gout. Je n’aurais pas aimé que mon sujet
de distraction ne vous plaise pas. Et comme vous m’avez si effrontément
dérobé ma proie, je vais vous demander de me distraire.


Son
ton hautain suintait d’un amusement certain, bien qu’il soit clair
qu’il était sérieux. Son sourire en coin ne le quittait plus, et il
commençait déjà à s’amuser. Le reste viendrait tout seul. Dans un
premier temps, voir la réaction de cette femelle, jeune et dans son
temps, sans doute peu habituée à ce qu’on la traite ainsi, serait pour
Dracula une grande distraction. Sur le chemin de l’ennui, toute petite
trace de divertissement était bonne à prendre… Dur, dur d’être un
vampire.
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MessageSujet: Re: Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]   Jeu 31 Déc - 14:08

Quel sourire !
Je
n'avais commencé à prendre conscience de la beauté extraordinaire des
vampires qu'à partir de la seconde où j'avais croisé le regard de ce
mâle. Simon, figé dans son physique de petit garçon, et que j'avais
toujours connu comme cela, restait un enfant. Cet homme était
différent. Son sourire fit tressaillir quelque chose en moi, mélange de
surprise, d'incrédulité et d'un sentiment indescriptible. Après tout,
je n'avais jamais prêté attention aux hommes, humaine ; cette drôle
d'impression, à présent que l'un d'eux m'adressait un sourire des plus
séduisants, était nouvelle. J'étais sidérée qu'il me sourie. Je faillis
me retourner pour voir à qui il souriait.

Il ne faisait aucun
doute que ce n'était pas un jeune. Oh, lui, c'était sans aucun doute un
vieux de la vieille, un rompu à la vie de vampire. Cela suitait
presque, sa suffisance et son orgueuil ; tels des flots indiscrets qui
dégoûlinaient comme le soleil sur sa peau de marbre blanc. Ses cheveux
blonds de bébé donnaient envie de les toucher. J'avais toujours adoré
le contact. Les câlineries, les baisers, les caresses. J'étais un être
sensuel et tactile, qui avait besoin de marques d'attention et d'amour.
Cette pulsion curieuse m'était habituelle. C'était la même qui m'avait
poussée à venir jusqu'à lui.

Je me demandai avec gêne si ma
phrase l'avait offensée, lorsqu'il répondit, dans un baryton aux suaves
tonalités, avec une prononciation d'un autre siècle :


- Bien le bonjour à vous aussi…

J'ouvris
la bouche pour m'excuser, et ajouter un bonjour oublié dans
l'enthousiasme de cette rencontre. Mais le clin d'oeil sublimement
charmeur qu'il me décocha me pris au dépourvu. Un grognement surpris
s'échappa de mes lèvres entrouvertes. Mes yeux, agrandis par
l'incompréhension, le fixaient avec une intensité brûlante. Je penchai
la tête de côté. Le bel inconnu me montra d'un geste négligent
l'endroit que je venais de quitter.


- Mmh,
j’espère qu’il était à votre gout. Je n’aurais pas aimé que mon sujet
de distraction ne vous plaise pas. Et comme vous m’avez si effrontément
dérobé ma proie, je vais vous demander de me distraire.


Je
ne pus m'empêcher de sourire à mon tour. Un grand sourire, malicieux,
amusé, effrontée aussi. Cette autorité et cette manière de parler
réveillait en moi cette joie taquine, cette gaieté querelleuse que
j'avais parfois. Même si, en général, j'avais un caractère très doux,
très gentil et agréable.


*Mmm. Sa bouche...*

Je
clignai des yeux, abasourdie. Et puis je fronçai les sourcils, ailes du
nez pincées, irritée. Il faudrait que je m'habitue à leur beauté. Ce
vampire-là était comme ces objets d'art qu'on laisse au grenier.
Magnifique, mais grisé par la solitude, le froid et la poussière.


- Permettez-moi de me présenter, déclarai-je de ma voix nouvelle, plus chantante et sensuelle que jamais, et à laquelle je n'étais pas accoutumée. Je
m'appelle Jade. Et je vous prie de m'excuser. Dès que je sens l'odeur
d'un humain, je ne me contrôle plus. Même si j'avais su que vous le
convoîtiez, je n'aurais pas pu m'arrêter.


Je n'eus même pas besoin de paraître coupable. Je me sentais mieux. L'air ne sentait plus ni la mort ni le sang à présent.

- Quand à vous distraire... Tout dépend de ce que vous entendez par là... Et surtout pourquoi j'ai l'impression...

Mon
sourire s'étira un peu plus sur le côté. Impossible de finir ma phrase.
Ce sentiment qu'il aimait dominer, diriger, manipuler... Une crampe à
la poitrine me rammena brusquement à la réalité. Maria Stella, elle,
aimait cela. Mais Lui était peut-être différent. Lui. Peut-être.

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Vlad Dracul
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MessageSujet: Re: Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]   Jeu 31 Déc - 14:18

La nouvelle-née répondit au sourire du
vampire, esquissant une moue des plus charmante, avec tout ce qu’il
fallait d’espièglerie. Vlad n’en fut que plus heureux. Il aimait chez
cette vampire la manière dont elle l’observait, qui le rendait plus
fier encore. Elle était un véritable poison. Dracula sondait son regard
pourpre, remarquant avec jouissance qu’elle le détaillait des yeux,
s’extasiant presque devant sa beauté. Il se dit qu’il devait être l’un
des premiers vampires qu’elle croisait depuis sa transformation. Son
regard en devenait presque fiévreux.


Elle parut se reprendre,
cependant. Son visage se ferma et le sourire de Vlad s’élargit. Elle
devait découvrir à quel point les sentiments vampiriques et tout ce que
cela engendrait, passant par l’obsession et l’extravagance, étaient
puissants, plus encore que ceux des humains, comme s’ils prenaient
toute la place dans leur corps. Ils étaient poignants, et en tant que
nouveau-né c’était peut-être une des choses les moins agréables. Vlad,
lui, s’y était habitué, et puis les sentiments, le plaisir avaient
laissés place à un vide calme et gris. L’ennui.


- Permettez-moi de me présenter, fit-elle de sa voix mélodieuse.
- Je vous en prie, répondit le vampire sur un ton mielleux et sucrée, sourire en coin à l’appui.
- Je
m'appelle Jade. Et je vous prie de m'excuser. Dès que je sens l'odeur
d'un humain, je ne me contrôle plus. Même si j'avais su que vous le
convoitiez, je n'aurais pas pu m'arrêter.


Il eut un petit
sourire peiné. Bien sur qu’elle ne se contrôlait pas, comment
aurait-elle pu ? Un nouveau-né mettait près de 10 ans à réguler ses
désirs et à se dominer. Et celle-ci ne devait pas avoir vécu plus d’un
an en tant que sang-froid, cette évidence suintait par tous les pores
de sa peau.


Il ne prit pas la peine de lui répondre, se contentant de lui offrir un sourire navré. Elle reprit la parole :

- Quand à vous distraire... Tout dépend de ce que vous entendez par là... Et surtout pourquoi j'ai l'impression...

L’impression
de ? Vlad fronça les sourcils. L’impression de quoi ? Pourquoi ne
finissait-elle pas sa phrase ? Le vampire eut une moue énervée. Ce
n’était rien, elle n’avait simplement pas terminé sa phrase, mais cela
agaçait le vieux vampire. Lui qui aimait tout contrôler, le simple fait
qu’elle ne termine pas le fond de sa pensée lui procurait une forte
impression d’impuissance. Cela lui échappait. Son sourire avait disparu
et il sondait le regard de la nouvelle-née avait encore plus
d’intensité, dents serrées. Sa beauté ravageuse était d’autant plus
accrue par cette perte de sang froid (oh, quel jeu de mot, muhuh).


- Depuis combien de temps êtes-vous transformée ? lâcha-t-il soudain.

Les
sirènes des policiers commencèrent alors à se faire entendre. Vlad
détacha son regard de celui de la nouvelle-née, détendant son visage,
et fixa les habitations au loin. Entre elles roulaient les voitures de
police et d’infirmiers, sirène hurlantes. Vlad jeta un rapide coup
d’œil à la jeune femelle et sourit.


- Avez-vous encore faim ? demanda-t-il de sa voix veloutée, aux intonations soudain des plus sinistres.

Sans
attendre de réponse, il sortit du couvert de l’arbre sous lequel il se
trouvait et courut en face, là ou la forêt commençait. Il se tourna
vers la dénommée Jade et sourit.


- Venez, Jade, allons nous amuser. Je vais vous enseigner comment un vampire se distrait, fit-il dans un chuchotis sucré – il savait qu’elle l’entendait aussi distinctement que si elle avait été à ses cotés. Un peu de couleur vous ferait du bien, vous êtes toute pâle, ajouta-t-il, accompagnant d’un léger rire sa petite blague qui n’amusa que lui.

Il
savait qu’elle avait faim, il savait qu’à l’ instant où il avait évoqué
ce besoin sa gorge s’était enflammée. Maintenant commençait le
véritable amusement.
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Jade Dracul
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MessageSujet: Re: Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]   Jeu 31 Déc - 15:34

Il ne
faisait aucun doute que j'étais attirée par lui. C'était aussi
perceptible que les caresses du soleil qui incendiaient ma peau de
givre. La solitude en était peut-être la cause. Ou alors c'était sa
beauté. Ou son odeur... Ce parfum ! Il descendait dans mes poumons avec
la douceur d'un encens volatile, ceux qui sont si délicats ; c'était un
mélange sensuel d'ambre, de violette et de noisette qui me ravissait.
Simon portait un parfum sucré et doux d'enfant. Ce n'était pas du tout
la même chose que cet arôme singulier qui me donnait des papillons dans
le ventre. Ce devait être parce que c'était un mâle. Oui, c'était la
seule explication. J'étais comme un enfant qui découvre quelque chose
de nouveau ; j'ouvrais des grands yeux, j'étais surexcitée, j'étais
intriguée. Et j'avais envie d'examiner cette chose si étrange et si
belle.

Ma phrase interrompue dut lui déplaire car il se
durcit, et ses mâchoires se durcirent. Irritation du curieux déçu.
J'étais amusée de cette réaction, parce qu'il avait l'air si hautain,
et que ce mécontentement était si enfantin ! Cela me rassura. Au moins
n'était-il pas insensible. Le séjour dans le grenier n'avait donc pas
complètement détaché les chairs des os. Son coeur devait se promener
quelque part, somnambule endormi.


- Depuis combien de temps êtes-vous transformée ?

Sa
question me prit à vif. Je reculai légèrement, les doigts frôlant le
sol, toujours accroupie en position de défense - alors que je ne me
sentais plus menacée. Dès que je m'en rendis compte, je songeai à me
redresser, et puis je me dis qu'une fois debout, le vampire se
sentirait en position d'infériorité. J'eus envie pendant une seconde de
le faire juste pour voir la tête qu'il ferait. Et puis ma gentillesse
l'emporta sur cette pointe de sadisme, et je restai genoux pliés. Je
comptai intérieurement les couchers de soleil que j'avais tristement
admiré depuis mon réveil.


- On m'a mordue samedi dernier. Je n'ai repris conscience que mercredi soir. Cela fait donc... Quatre jours.

Tout
à coup, ce chiffre me parut insignifiant. Je n'avais pas revu Simon
depuis qu'il m'avait quittée avec précipitation, lorsqu'il avait
compris que j'étais d'humeur encore trop instable. Il me manquait.
J'aurais besoin de le voir, de lui parler, de le serrer contre moi.
Mais elle l'empêcherait sûrement de me voir. D'ailleurs, c'était
peut-être elle qui le retenait.

Je chassai mes pensées rouges
et noires juste à temps pour entendre l'inconnu reprendre la parole.
C'était comme si j'avais réfléchi à toute vitesse. Même si j'avais pris
mon temps, cela n'avait duré que quelques secondes à peine.


- Avez-vous encore faim ?

Cette
fois, je me fis avoir. Au lieu de répondre simplement "non" et de
passer à autre chose, mon esprit s'égara dans le souvenir encore frais
du sang chaud coulant dans ma gorge. Le résultat fut aussi prévisible
que misérable. Mes pupilles se contractèrent, mes sourcils se
froncèrent, les traits de mon visage se durcirent, ma salive prit le
goût du métal ; mes muscles se bandèrent, prêts à agir, et mon corps
tout entier frémit d'un frisson d'excitation. Celui du fauve qui va
tuer. Quelque part en moi je luttais faiblement contre l'instinct qui
noyait sans pitié toute humanité de mon esprit. La lueur rouge de la
destruction irradiait de moi comme la lumière du soleil.


- Venez, Jade, allons nous amuser. Je vais vous enseigner comment un vampire se distrait. Un peu de couleur vous ferait du bien, vous êtes toute pâle.

Faisait-il
de l'humour ? Ou étais-je véritablement pâle pour un vampire ?
J'examinai rapidement sa peau. Elle était aussi, lisse, éclatante,
immaculée que la mienne. Mon estomac se tordait de douleur. Je levai
les yeux vers lui alors qu'il s'était avancé, sachant qu'il me voyait
et m'entendait aussi bien que lui. Je ne sais pas à quel point je lui
en voulais d'avoir éveillé mon instinct ; j'ignore si la fureur que je
mis dans mes iris était égale aux flammes qui dévoraient ma gorge.

C'était
un appel au secours que personne n'entendrait. Sachant pertinnement ce
qui arriverait, je me relevai avec aisance, pris le pas de course, une
démarche gracieuse et aérienne que je ne me connaissais pas, et
rejoignis le vampire mâle. Il était encore plus beau comme cela, debout
face à moi, assez près pour que je puisse voir les plus infimes détails
de sa beauté. A présent que toute raison avait été enfermée jusqu'à
épanchement de ma soif, l'animalité du vampire seule m'animait. Mes
regards ainsi que mes attitudes, la proximité, la respiration lente et
profonde. Je n'étais plus qu'une lionne enflammée, auprès d'un autre
félin blasé, mais néanmoins séduisant, et mâle...

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Vlad Dracul
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MessageSujet: Re: Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]   Jeu 31 Déc - 15:37

Quatre jours. Quatre jours que l’éternité
avait ouvert ses bras à cette femelle. Vlad sourit. Voilà qui
arrangeait ses affaires, ce serait d’autant plus facile de l’amadouer
et de la placer sous son joug. Il en aurait presque ricané de plaisir.


Lorsque
le vampire reporta son regard dans les iris de Jade, il fut
admirablement plaisant d’y découvrir une étincelle de fureur qui
incendiait son regard comme un feu follet. Elle devait haïr sa position
de vampire, elle devait haïr assassiner pour se nourrir. Vlad en était
peiné, lui qui n’avait jamais éprouvé aucune once de regret à chaque
fois qu’il tuait. Il avait même assassiné, de son humanité, plus que
certains vampires, c’est dire… Enfin, le spectacle n’en serait que plus
distrayant. Il avait trouvé en cette jeune vampire le sujet de
distraction parfait. Elle était irrévocablement attirée par le sang,
rien qu’à la pensée de cette sève elle en bavait, et pourtant cela lui
faisait horreur. Dracula lâcha un petit rire. Il se délectait déjà de
la voir lutter conte sa nature tout en plongeant les lèvres dans le
liquide écarlate qu’il lui offrirait sur un plateau d’argent.


La
nouvelle-née se leva avec grâce, cheveux flamboyants virevoltant
derrière elle, et rejoignit le vampire d’une démarche dansante qui fit
monter un sourire sauvage aux lèvres de Vlad. L’indubitable esquisse en
coin réapparut tandis qu’il sentait l’animalité de sa nouvelle amie.
Les désirs et les envies de cette jeune femelle avaient pris le dessus
sur la raison, comme promis.


Le regard du vampire descendit en
cascade le long du corps de Jade, un sourire presque pervers accroché
aux lèvres. Des mèches blondes lui retombaient devant les yeux, lui
proférant un regard de braise. La nouvelle-née était à peine à quelques
centimètres de lui et il la sentait vibrer. A une vingtaine de mètres
de là, les policiers et ambulanciers étaient arrivés sur les lieus. Ils
avaient garé leurs véhicules sur la route et avaient couru entre les
quelques arbres qui les séparaient du mort et de sa famille. La femme,
d’ailleurs, hurlait à s’en décrocher la mâchoire. Ce son grésillait aux
oreilles de Vlad, et il tiqua, se détachant du regard de Jade pour
fixer, au loin, l’animation.


- C’est le moment, chuchota-t-il à l’intention de la jeune femelle.

Il
tourna son visage vers elle et planta son regard pourpre dans le sien,
incandescent. Les arômes des humains, à quelques mètres de là, devaient
lui chatouiller avec frénésie les narines. Vlad, quant à lui, ne
ressentait pas le moindre désir face aux douces fragrances qui
voletaient autour d’eux. Il aurait presque eut pitié de lui-même,
devenu insensible après de nombreuses années de vie en solitaire,
entouré d'êtres humains.


Il était surpris qu’elle ne se jeta
pas tout de suite à corps perdu dans la masse d’hommes qui
s’accumulaient. Il devait faire grand effet sur cette femelle. Un
sourire étira ses lèvres, puis il approcha son visage de celui de Jade,
levant sa main, effleura sa joue du bout des doigts, respira son odeur
vampirique, douce, voluptueuse, sucrée. Ses lèvres effleurèrent celles
de la nouvelle-née mais ne s’y posèrent pas, préférant remonter jusqu’à
son oreille, lui chatouillant la mâchoire de son souffle. Il lui
chuchota alors, plus mielleux que jamais :


- Allez-y, débarrassez-vous de votre écœurement, ne pensez qu’au sang et à l’odeur… Régalez-vous, distrayez-moi, surprenez-moi…

Il
jeta un rapide coup d’œil vers l’attroupement pour jauger la masse
humaine. La femme, le fils, deux policiers, deux infirmiers. Six
humains. Des renforts arriveraient sans doute plus tard pour analyser
le terrain, chercher d’éventuelles empruntes, puis le meurtre serait
placé sous la responsabilité d’un animal. D’ici là, la femelle aurait
le temps de faire un massacre.


La seconde main de Vlad vint se
poser avec délicatesse sur la hanche de la vampire, en admira les
courbes du bout des doigts, tandis qu’il approchait à nouveau ses
lèvres de son oreille.


- Tuez-les tous, et que ce soit beau, surtout. Montrez-moi de quoi vous êtes capable… (il fit une pause, savourant la tension qui s'élevait) Ensuite nous trouverons autre chose à faire, susurra-t-il finalement au creux de son oreille.

Ses
doigts remontèrent le long du corps de la jeune vampire et il sourit.
La voilà à présent tendue comme un ressort. Ce sera un beau spectacle.
Il s’écarta pour la laisser partir.


Vlad était un vampire qui
ne demandait rien d’autre qu’on le distraie. L’éternité et la solitude
avaient rendu cet être las et gris, et la rencontre d’aujourd’hui lui
offrait l’opportunité de malmener un tiers. Cette femelle était
parfaite, splendide, jeune, assoiffée et torturée. Des caractéristiques
qui faisaient d’elles une proie idéale – non pour être déguster, ou
tout au moins pas de la manière dont on songe en premier lieu… Si elle
continuait sur cette voie, nul doute qu’elle deviendrait le joujou
favori de Dracula.
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Jade Dracul
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MessageSujet: Re: Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]   Jeu 31 Déc - 15:52

Jade se
perdait quelque part dans mon inconscient. A moins que ce soit mon
inconscient qui ait pris le dessus sur toute autre chose. Je n'étais
plus qu'un vampire. Un vampire dicté par ses pulsions et ses instincts.
Un animal bestial et assoiffé, sous le commandement despotique de ses
besoins primitifs. La brûlure de ma soif, aiguisée par ces parfums
savoureux, rendait ma gorge incandescente. Ces pauvres êtres qui
gesticulaient, certains nerveusement, d'autres calmement, allaient
bientôt périr. Et à la seconde où je posai les yeux sur eux, le souffle
râpeux, je ne vis rien d'autre qu'une outre pleine de sang. Ce sang
dont l'alcool m'enivrait à chaque fois que son arôme m'effleurait.


- C’est le moment.

Cette
voix... Je quittai mes futures proies à regret, presque avec rancoeur,
pour me tourner vers lui. Je l'avais presque oublié. Son propre parfum
était la seule raison pour laquelle je n'étais pas déjà en train de
massacrer les humains : il voletait jusqu'à moi, embaumait l'air,
caressait ma peau. Etrange. Mes lèvres s'entrouvrirent, un souffle
profond s'en échappa. Mes yeux grand ouverts, dilatés par l'excitation
de la chasse, le fixait d'en-dessous avec une intensité aigüe.
L'attirance qu'il exerçait sur moi était beaucoup plus forte à présent
que j'étais devenue plus sensible.


Le vieux vampire, qui
ne ressemblait en rien à un croûton chenu, approcha alors son visage
plus près du mien. Si près... Son parfum de violette envahit mes
poumons... Il ferma les paupières, son nez frôla le mien... Et ce
contact seul me tendit encore plus vers lui. Sa bouche toucha la
mienne, si lisse et veloutée qu'un courant électrique fit vibrer ma
peau de pierre. Cette caresse se déplaça le long de ma mâchoire,
jusqu'à mon oreille, et là une voix sucrée dilata un peu plus l'abysse
de mes iris.


- Allez-y, débarrassez-vous de votre écœurement, ne pensez qu’au sang et à l’odeur… Régalez-vous, distrayez-moi, surprenez-moi…

J'eus
la brusque vision, déplaisante et pitoyable, d'un maître despotique
envoyant son chien dévorer les poules. Etais-je à ce point influençable
? Une nette irritation resserra et mes pupilles et ma détermination.
Lorsque ses doigts assurés touchèrent ma hanche, je contins un frisson,
et je restai figée comme la pierre. Distraie par mon mécontentement.


- Tuez-les tous, et que ce soit beau, surtout. Montrez-moi de quoi vous êtes capable… Ensuite nous trouverons autre chose à faire.

Tuer
? Tuer... Il me parlait de tuer ? Une envie de rire, saugrenue, me
chatouilla le torse. J'en bavais presque tant ils me donnaient envie.
Tous les six. La femme, les quatre hommes. Les vieux, les plus jeunes,
le grand adolescent. Ils promenaient tous leur chair gorgée de nectar
sous mes yeux avides. Résister était inconcevable - pourquoi,
d'ailleurs ? Un visage, moqueur et cruel, surgit dans ma mémoire, et le
rire, qui finit par sortir de ma gorge, s'acheva en feulement sauvage.

Mes
genoux se plièrent, mes doigts effleurèrent les feuilles mortes,
appréciant leur texture de papier froissé. C'était comme si j'avais
suçoté du métal. L'acier baignait ma bouche... Les humains, pris au
dépourvu par mon sursaut de joie sadique, s'étaient figés. Trois
d'entre eux, immobiles, suaient de peur. Leur instinct leur chuchotait
ce que leur raison ne pouvait deviner. Deux autres frémirent,
remuèrent, gémirent. L'adolescent reculait, prêt à s'enfuit en courant.


¤

Je
fis le tour du groupe à toute vitesse, juste pour les titiller, juste
pour me tester. Je fus revenue à mon point de départ avant qu'ils aient
eu le temps de comprendre que je n'étais pas un coup de vent. Leurs
respirations s'accélérèrent. La mienne aussi. Eux étaient vrillés par
la crainte. Moi par l'excitation. Le soleil, hautain, ne daigna pas les
aider. Ils cherchèrent vainement leur ennemi. Soucieuse de leur montrer
le véritable visage de la Mort, je me relevai, avançai de trois pas et
sortis à découvert.

La surprise, l'horreur, la stupéfaction,
l'admiration, la... Fascination. Les hommes avalèrent leur salive de
travers. La veuve hoqueta. L'adolescent roula des yeux effrayés. A
présent que j'étais éloignée de mon compagnon, leurs parfums
fouettaient mes sens de toute leur pureté. Un grondement saccadé,
semblable à un ricanement démonique, s'éleva de mes lèvres
entrouvertes. Le millième de seconde d'après, un bond de chat m'avait
propulsée entre leurs silhouettes molles, et le carnage commença.

J'en
avais un de chaque côté ; un infirmier et un policier. Levant les bras
avec fougue, je pliai le coude, crochetai les doigts et enfonçai des
ongles tranchants dans des orbites mous et gluants, avant de tirer d'un
coup sec en reculant, ce qui décrocha le crâne de l'épine dorsale. Un
immonde craquement sourd claqua en écho. Ce qui ne me troubla même
pas... Leurs corps décapités oscillèrent sans grâce avant de s'écrouler
avec pesanteur sur le sol terreux. Les quatre autres n'eurent le temps
que d'esquisser leur fuite. Balançant une jambe en avant, je la fis
tournoyer avec négligence. Quelque chose se déchira, mon pied s'enfonça
dans une matière d'une chaude humidité, et un bruit de succion parvint
à mes oreilles. Les autres connurent une fin moins théâtrale ; j'en
claquai deux de leurs têtes les unes contre les autres, écrasai la
troisième sous mon pied, impatiente de boire, et de retrouver la paix.

Je
bus leur sang avec avidité et empressement, comme un alcoolique qui
n'aurait pas pu lécher la moindre goutte depuis si longtemps...

Lorsque
je me redressai, agenouillée au milieu de ce carnage, j'avais repris
conscience ; un gémissement douloureux, émanation de la détresse du
monde, résonna dans la forêt...


- Je vous déteste... Je me... Déteste... murmurai-je, brisée, le regard fou.

... Pour m'avoir incitée à faire des choses pareilles.

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Vlad Dracul
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MessageSujet: Re: Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]   Jeu 31 Déc - 15:54

(Tu écris di-vi-ne-ment bien <3 J'en ai le souffle coupé =')


    Cette
    femelle était fantastiquement divertissante, Vlad en aurait frémi de
    plaisir. Il se plaça dos à un arbre, au meilleur emplacement possible
    afin de pouvoir se délecter de la scène tranquillement. Elle était
    époustouflante et magnifique. Rien, pour Vlad, n’était plus beau que
    l’instinct animal à l’état pur, et cette nouvelle-née en était
    totalement dépendante en cet instant. Ses cheveux roux virevoltaient,
    incendiant ses déplacements, proférant à la scène une perspective
    infernale et démoniaque. Vlad blêmit tant le spectacle était splendide.
    Ce rouge étincelant, l’incandescence, la chaleur, la fascination, la
    haine, la peur, l’envie, le désir, la soif, tout virevoltait à
    l’unisson dans un espace devenu presque palpable. Lorsqu’elle passa à
    l’attaque, ne faisant de ces humains qu’une bouchée – quelle audacieuse
    expression -, le vampire arriva au paroxysme de son divertissement (du
    moins le croyait-il, car ce qui suivrait l’amuserait encore plus).



    Ah,
    comme il jouissait de ce magnifique ballet, accompagné d’un céleste
    relent de chair et de sang, sur un fond sonore de craquements, de
    déchirements, de succions… Mmh. Il n’avait même pas envie de se jeter
    dans la bataille. Le spectacle lui était infiniment plus plaisant.
    Parfois, mieux valait être spectateur qu’acteur…



    L’actrice
    principale, en cet instant, aspirait les ultimes goutes de sève
    humaine. Vlad en aurait transpiré tant la scène, véritable carnage,
    chaos spectaculaire, était poignante. Ce rouge allait effectivement
    très bien au teint d’albâtre de la jeune vampire. Eblouissante et
    diabolique. Merveilleuse créature du Diable. Vlad avait aux lèvres un
    sourire plus vaste que ceux qu’il avait eut depuis longtemps, un
    sourire qui illustrait une pure délectation, un plaisir satanique et
    pervers. Quand un râle, émit par la nouvelle-née qui se remettait de
    ses émotions, se fit entendre, Vlad ferma les paupières. C’en était
    vraiment trop. Il allait mourir de plaisir. Qu’elle ravissante
    rencontre, vraiment, quelle ravissante rencontre il avait faite
    aujourd’hui… et encore, ce n’était qu’un putain d’euphémisme.



    - Je vous déteste... Je me... Déteste... fit-elle dans un gémissement pitoyable, digne d’un véritable film tragique. (Tragi-comique ?)



    Vlad
    lui répondit avec un petit rire, glacial, grisant, absolument grisant.
    Il s’approcha de la jeune femelle accroupie, décharnée, détruite,
    couverte d’un sang qui la répugnait sans doute, maintenant que sa soif
    était allée voir ailleurs. Dracula posa ses doigts sur la tête de Jade,
    effleurant dans une caresse affectueuse sa chevelure flamboyante et
    soyeuse. Un contact qu’un humain aurait eu sur la tête d’un chien, pour
    le féliciter d’un bon travail accompli. Il eut toutefois la décence de
    ne faire durer ce rapprochement qu’une infime seconde, qui suffit
    largement à faire passer le message. Elle était faible, pitoyable. Lui
    était maître. Il s’accroupit à ses côtés et observa, penchant la tête
    de coté, le visage magnifique de Jade, ses yeux incandescents au doux
    chatoiement délirant qui y dansait. D’une voix douce et onctueuse, dans
    un chuchotis à peine perceptible, il lui murmura à l’oreille :



    - Vous n’avez rien fait de mal… absolument rien, c’est dans votre nature…



    Un
    sourire en coin, pervers, maléfique, étira alors les lèvres de Dracula.
    Puis il poursuivit, assenant avec plaisir, crachant presque cette
    sentence qui serait sans aucun doute la goutte de sang de trop :



    - Vous êtes un être profondément démoniaque, Jade. Profondément démoniaque. Et le pire, c’est que vous n’y pouvez rien.
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Jade Dracul
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MessageSujet: Re: Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]   Ven 1 Jan - 13:29

J'étais
au beau milieu d'un carnage. Mon carnage. Celui que je pouvais aisément
désigner comme mien. L'horreur me prit à la gorge avec la violence d'un
buffle blessé. Un souffle rauque, exhalté de narines pincées par
la frustration, chassa le silence. Celui-là aussi était mien. Tout - ce
suave liquide poisseux qui collait mes doigts et mon visage, mes pieds
nus et ma veste encrassée, ces cadavres d'une
brûlante fraîcheur et même ce parfum de mort - était mien. L'oeuvre du
monstre. Je serrai les dents, les membres frémissants. Car à présent,
la colère et le désespoir, entremêlés tels des amants dans mes
entrailles torturées, me donnaient des pulsions meutrières. Là était
l'ironie. Je tuais avec une froide efficacité, dictée par
un inconscient impérial, et lorsque je reprenais le contrôle de mon
corps, c'était pour ressentir l'envie de tuer. Non... De détruire. De
me détruire, anéantir l'auteur pour prévenir d'autres crimes.

Un
parfum de fleur vénéneuse, qui parvint plus fort à mes sens, fit
s'enfoncer profondément mes doigts dans la terre. C'était de SA faute.
Il m'avait tentée, provoquée, jetée avec un coup de pied dans une
cave et enfermée à l'intérieur ; il avait passé sous mon nez le suave
alcool de ces parfums d'humains. Il avait joué au voyeur et moi j'avais
été son jouet. Les vampires étaient-ils tous aussi cruels ? Je faillis
répondre oui. Mais la pensée de Simon me sauva. Peut-être que
j'arriverais à être comme lui. En attendant, mon caractère gentil et
conciliant s'était mué en quelque chose de beaucoup moins sociable.
Touchée au plus profond de moi par
la méchanceté moqueuse de cet immortel, je devins hargneuse. Il me
toucha la tête... Et ce simple geste déclencha la montée de salive
métalliqu, baignant mes dents d'une
saveur désagréable. Je levai lentement les yeux vers lui, pupilles
rétrécies au possible, toute sensualité disparue pour laisser place à une violente animosité. Je m'écartai de quelques centimètres, décalant mes hanches puis mes épaules d'un balancement gracieux.


- Vous n’avez rien fait de mal… absolument rien, c’est dans votre nature…
- Une nature que je n'ai pas choisie ! Une
nature surnaturelle... Qui se nourrit des innocents pour fortifier les
démons, comme les parasites se complaisent à aspirer toute vie de leurs
hôtes !


Sa simple façon de me regarder me hérissa de
colère. Son jeu était clair à présent. Il dut percevoir la crispation
de mes mâchoires, mes lèvres pincées et mes muscles bandés, car il
éclata de rire. Un rire hivernal... Froid, sec, dénué de toute joie et
de tout espoir, car c'était la jouissance du cruel blizzard, le plaisir
de la destruction, le goût du givre qui se dépose sur les cadavres
abandonnés même des corbeaux... Je retins avec difficultés un
grondement sauvage.


- Vous êtes un être profondément démoniaque, Jade. Profondément démoniaque. Et le pire, c’est que vous n’y pouvez rien.

Son
sourire fut la goutte de sang qui déclencha mon ire. Avec la brusquerie
d'un feu de forêt, je bondis en avant, lèvres retroussées sur des dents
adamantines, un feulement furieux emplissant la clairière. Je sentis
mon poing avant même que je ne pense à le lancer toucher sa mâchoire,
je crus le pousser de toutes mes forces avant que j'aie réalisé que sa
présence m'exaspérait, et j'étais perchée sur une branche, feulant, que je n'avais toujours pas réalisé. Seule ma colère était palpable.


- Je suis née par amour et j'ai grandi au paradis, mais j'ai été créée par une promesse arrachée au coeur de la haine... grondai-je, la voix basse et grade telle une
basse menaçante. Je connais l'arôme volatil du bonheur, et celui, amer,
du désespoir. Si je deviens comme vous, ou comme ELLE, alors vous
pourrez m'honorer de ce titre de démon. Cependant, aujourd'hui, je ne
suis qu'un ange déchu, à qui on a brisé les ailes - j'ai encore du
temps devant moi pour ne pas me noyer dans le sang, et me condamner aux
Enfers tel un autre Belzébuth !


Malgré ma fureur, au fond de moi, quelqu'un pleurait doucement. N'y aurait-il plus personne pour m'aimer un jour ?...

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Vlad Dracul
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MessageSujet: Re: Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]   Ven 1 Jan - 13:31

Le coup partit vite, Vlad l’aurait prévu
qu’il n’aurait pu le manquer. Il porta ses doigts à sa mâchoire qui le
lançait soudain, ayant titubé en arrière après l’accès de rage de Jade.
Il partit d’un petit rire qui alla crescendo, emplissant l’espace qui
se soulageait à peine du cri de hargne que la nouvelle-née avait
poussé. Cette soudaine brusquerie, bien qu’elle lui laisse une
marque cuisante au visage, n’entachait en rien sa bonne humeur, au
contraire. C’était comme s’il se nourrissait de la détresse et de la
violence de cette enfant, embarquée dans une roue infernale qu’elle ne pouvait maitriser.

Vlad
leva les yeux vers l’arbre où elle s’était réfugiée, sourire aux lèvres
et se caressant la mâchoire. Il s’était redressé et la regardait, les
iris flamboyants de malice. Elle était plus splendide que jamais, sa
chevelure rousse dégoulinant sur ses épaules telle la lave en fusion,
mais ce n’était pas le plus beau, non, ce furent ses yeux, de braise,
qui auraient presque réussis à faire fondre le vampire. Et lorsqu’elle
parla, ce fut avec fougue, ce fut un venin acide qu’elle crachat sur
Dracula, tout à sa haine envers lui et envers ce qu’elle était devenue…


- Je suis née par amour et j'ai grandi au paradis, mais j'ai été créée par une
promesse arrachée au coeur de la haine... Je connais l'arôme volatil du
bonheur, et celui, amer, du désespoir. Si je deviens comme vous, ou
comme ELLE, alors vous pourrez m'honorer de ce titre de démon.
Cependant, aujourd'hui, je ne suis qu'un ange déchu, à qui on a brisé
les ailes - j'ai encore du temps devant moi pour ne pas me noyer dans
le sang, et me condamner aux Enfers tel un autre Belzébuth !

Vlad inspira une
bouffée de l’air âcre, suave et fiévreux qui flottait dans l’air. Cette
jeune vampire parlait avec la plus grande grâce et la plus belle des
poésies, et malgré le fait que ses paroles n’aillent pas dans le sens
de la pensée de Dracula, celui-ci la trouva encore plus charmante. Il
aimait qu’on lui résiste, il aimait cette beauté sensuelle, grave et
ardente qui s’échappait d’elle. Malgré tout ce qu’elle pouvait dire,
elle resterait pour Vlad un petit démon.

Il s’approcha de
quelques pas, plus près de l’arbre ou elle s’était perchée. Elle
l’obligeait à lever la tête, mais il ne se sentait pas inférieur pour
autant, il avait désormais cette vampire en admiration, et qu’elle soit
si haute lui permettait d’admirer sa grâce sous un autre angle. Pour de
si bons sentiments, qu’elle développe une
telle agressivité, c’était magnifique, magique, que sais-je encore. Il
en souriait d’un air béat, et la douleur qu’il ressentait à la mâchoire
– elle n’y était pas allée de main morte – ne faisait que lui rajouter
encore plus de charme.

Il décida de se percher en hauteur lui
aussi, mais eu assez de jugeote pour ne pas trop l’approcher. Il ne
voulait pas qu’elle fuit, alors il ne la brusquerait pas. Il sauta dans
les branches d’un feuillu proche – pas trop toutefois – et ne cessa de
la fixer de son regard améthyste.


- Quelles magnifiques paroles… murmura-t-il alors. Me permettrez-vous de poser une question ? (il lui fit un clin d’œil, cette question n’étant que pure rhétorique, et enchaina) De qui parlez-vous lorsque vous dites « elle » ?

Son ton était doux, comme s’il parlait à une enfant qui allait se donner la mort par
suicide, comme s’il ne voulait pas l’effrayer, pour ne pas l’énerver
d’avantage. Il souhaitait en apprendre plus sur sa personne, pourquoi
elle haïssait autant sa nature, une
nature somme toute bénie des Dieux ? Qui n'aimerait pas posséder des
supers pouvoir et avoir devant soi l'éternité ? C'était stupide de
refuser cela ! Stupide ! Qui n’aimerait pas l’immortalité ? Hein ? Qui
?!


Dracula.


Les vampires sont tous égaux. Mais tous ne font pas face de la même manière.
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Jade Dracul
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MessageSujet: Re: Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]   Ven 1 Jan - 13:33

Comment pouvait-il rire ? Rire alors que je venais de le frapper ? Alors que la seule chose qui émanait de moi était la colère, une pure et aigüe colère, tel une flamme bleue dont on n'ose frôler la mèche ! Alors que, tendue comme une corde de violon, accroupie sur ma branche, je n'exprimais qu'une
animosité sauvage ! Comment pouvait-il balayer d'un sourire toute cette
hargne que je lui envoyais, et rester si calme, si satisfait ? Car le
doux contentement qui n'avait pas quitté sa figure, je le voyais bien,
étirer le coin de ses lèvres tendres, et plisser un peu ses yeux
charmeurs. Sa désinvolture, sa façon machinale de frotter sa mâchoire -
je souhaitai avec fougue qu'il ait mal - me hérissaient. Autant il
avait pu me fasciner, autant à présent il m'enrageait.

Charmantes créatures que les vampires, plus lunatiques que la lune elle-même.
Lorsqu'il
s'approcha de l'arbre où je m'étais perchée, je grondai juste assez
fort pour qu'il garde ses distances. Je ne suis même pas sûre qu'il
m'ait entendue... Je détaillai à nouveau son expression, sourcils
froncés, et fut un peu désamorcée par
ce que j'y vis. Un indéchiffrable et inextricable mélange de curiosité,
d'intérêt et... D'admiration ? Je devais avoir mal lu. Un être tel que
lui ne pouvait pas admirer les autres ; il ne pouvait que s'aimer
lui-même. D'un bond félin, souple et gracieux, le vampire blond se
haussa sur un arbre voisin, un chêne endormi. Mm. Il avait bien fait.
Se serait-il permis l'audace de venir à mes côtés qu'il se serait pris
mon genou dans l'entrejambe. Durant une
seconde, je m'interrogeai sur la consistance, la capacité et le
potentiel de douleur de la zone concernée chez les sang-froids. Puis,
cette question me parut totalement hors de propos et je revins vers
lui. Il me fixait avec attention.


- Quelles magnifiques paroles… Me permettrez-vous de poser une question ? De qui parlez-vous lorsque vous dites « elle » ?

Ses paroles me parvinrent avec une
netteté parfaite, alors qu'il avait chuchoté, alors qu'il se trouvait à
plusieurs mètres. Mes sens aiguisés n'avaient rien à voir avec ceux des
humains. Je réalisai à présent à quel point nous étions des taupes,
aveugles, sourdes, laides et muettes, en comparaison de cette race de
prédateurs parfaits qui se tenait devant moi.

Il ne m'en voulait même pas pour la droite en pleine figure. Non que je la regrettâs, d'ailleurs.
Sa question, innocente pourtant, déclencha en moi une si puissante vague de haine que j'en fus étourdie pendant une seconde. Une
éternelle seconde durant laquelle mes muscles ressortirent d'autant
plus qu'ils étaient tendus à leur maximum ; mes mâchoires serrées
plaquèrent des dents tranchantes prêtes à cisailler n'importe quoi ;
mes pupilles se rétrécirent et mes lèvres se retroussèrent. J'eus à
peine calmé cette fureur que je me jetai par terre, dans un impérieux besoin de me défouler.


- "Elle" ? Qui est-elle ? chantonnai-je, dans des intonations pleines de folie.

J'explosai un gros bloc de granit d'un coup de poing sauvage. Il fondit comme de la neige.

-
"Elle" c'est le monstre, le démon, la diablesse ! La pire des
engeances, le parasite le plus fourbe ! Le coeur le plus noir, purulent
de sa propre haine ! Ses crimes innombrables et sa cruauté innommable !
"Elle a anéanti ma vie avec le sourire, et m'a transformée pour mieux
me faire souffrir ! "Elle", cette suave Italienne dont l'orgueil
fougueux mérite les plus noirs geôles de l'Enfer !


Je
détruisai tout ce qui me passait sous la main, pierres, branches,
arbres, et même le cadavre desséché de mon premier meurtre du jour. Il
vola en éclats. C'était comme si j'avais écrasé une mouche. Un bruit horrible accueillit ma frappe, ce qui attisa encore ma rage.


- "Elle", c'est la seule et unique créature que j'aie jamais voulu tuer !

Je
pliai les coudes, les reculai, concentrai toute ma force et toute ma
colère dans ce geste, et frappai le sol. Le résultait fut spectaculaire
: un tremblement sismique fit frémir les environs, un grondement
retentit dans la forêt. Un cratère s'ouvrait sous mes poings, craquelé
de profondes veinules.


- MARIA STELLA !

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Vlad Dracul
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MessageSujet: Re: Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]   Ven 1 Jan - 13:36

Bête à l’état pur, Jade sauta de l’arbre ou
elle se trouvait pour atterrir souplement au sol, suivie de la trainée
flamboyante de sa chevelure de feu. Vlad ne la quittait pas des yeux.


- "Elle" ? Qui est-elle ? répéta la nouvelle-née d’une voix emprunte de la seule folie qui nait de la fureur.

Elle détruisit un imposant rocher, et Vlad en fut béat d’admiration. Totalement fasciné par
cette jeune vampire dont la rage dépassait l’entendement, la rendant
plus puissante que beaucoup de vampire, il en souriait d’un air séduit.


- "Elle" c'est le monstre, le démon, la
diablesse ! La pire des engeances, le parasite le plus fourbe ! Le
coeur le plus noir, purulent de sa propre haine ! Ses crimes
innombrables et sa cruauté innommable ! "Elle a anéanti ma vie avec le
sourire, et m'a transformée pour mieux me faire souffrir ! "Elle",
cette suave Italienne dont l'orgueil fougueux mérite les plus noirs
geôles de l'Enfer !


Tout en hurlant, elle faisait passer
sa colère sur le moindre morceau gênant qui avait le malheur de se
trouver au sol, réduisant en miette même les corps jonchant le sol.
Celui-ci avait la couleur rouge de la mort, et l’odeur était pire
encore. Le soleil qui dardait ses rayons brulant sur la terre et la
boue, âcre et pourpre, et nimbant chaque parcelle de nature d’une
croute sèche et acide, salée et fiévreuse, rendait la scène presque
irréelle. D’autant que lorsqu’un de ces rayons touchaient la peau de
nacre de Jade, en perçant les ombres des arbres, elle s’illuminait tel
un diamant en pleine confection. La forêt aurait prit feu qu’il aurait
paru bien pâle à coté de cette effervescence digne du Diable. Vlad en
aurait défailli. Il ne pouvait plus la quitter du regard.


- "Elle", c'est la seule et unique créature que j'aie jamais voulu tuer !

Elle était fascinante, forte, belle, une puissance de la nature, non, une puissance qui dépassait même la nature. Et lorsqu’elle frappa le sol de ses poings et qu’elle en fit trembler le sol, ouvrant une
brèche, Vlad ne douta pas un instant qu’elle aurait pu le tuer, avec
facilité. Pourtant, il n’eut pas peur, aucune crainte ne venait lui
étreindre les boyaux. Il était juste subjugué et ébahi de la puissance
qu’elle dégageait, de la force des sentiments qu’elle éprouvait. Jamais
lui n’aurait pu ressentir cela, ses propres sensations étaient bien
faibles en comparaison, il n’était qu’un bout de chair imbu
d’elle-même, vide à l’intérieur. Vide. Pathétique.


- MARIA STELLA !

Son
cri sonna loin, Vlad entendit la faune s’échapper à tire d’aile le plus
loin possible de ce centre enflammé, arrivant à son paroxysme. Vlad
réagit instantanément. Il sauta au bas de son arbre et se redressa face
à Jade, plus bestiale que jamais. Lui ne souriait plus. Il accorda une seconde de répit, le temps à son regard de plonger dans celui de la nouvelle-née, d’y chercher une quelconque étincelle de quelque chose, il ne savait ce qu’il cherchait.


- Jade, venez.

Il tendit le bras vers elle.

- Partons d’ici, vite. Vous n’avez pas idée de ce que vous avez fait.

Sa voix était pressante, un tantinet angoissée.

- Il va falloir que je vous explique deux trois choses sur les sangs-froids…

Il
avala d’un pas la distance qui le séparait de la jeune vampire,
ignorant tout bonnement le danger qu’elle représentait, le danger de
mort. Elle était précieuse, cette petite, trop précieuse pour qu’il
l’abandonnât et parte, à son habitude, comme un lâche. Il ne pouvait ni
la tuer ni la laisser, il voulait qu’elle vienne avec lui. Et le temps
pressait.


Il referma ses doigts autour du bras de Jade,
espérant qu’elle ne se dégagerait pas pour s’enfuir. Il eut la
sensation qu’elle était brûlante, mais peut-être n’était-ce que son
imagination.


Il savait qu’il ne pourrait la tirer avec sa
seule force, il faudrait qu’elle vienne de son plein gré. Ou sinon…
Vlad en viendrait à l’utilisation de son don. Bien que cela ne
l’enchante guère. Mais il fallait à tout prix qu’elle le suive, qu’ils
s’en aillent d’ici, vite.


Des sirènes retentirent au loin,
tranchantes. L’agitation se fit, puis des cris résonnèrent après la
minute de silence qui venait de s’écouler.


- S’il vous plait, finit-il par assener, le regard suppliant.
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MessageSujet: Re: Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]   Aujourd'hui à 5:01

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Par une journée miraculeusement ensoleillée... [PV Jade Dracul]

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